
Vendredi 15 mai
09
Ca ne vous arrive jamais de vous demander, à votre réveil, si vous avez vraiment dormi ? cette sensation bizarre qui saisi
tout votre corps, cette petite voix qui vous dit : " ai-je fermé les yeux cette nuit " , et cette grosse voix qui vous répond : " hé bien non souviens toi tu es restée éveillée toute la
nuit, et si tu n'en es pas persuadée, arrête-toi devant ton miroir et ose lui demander qui est la plus belle aujourd'hui "
Rien qu'à entendre sa réponse, j'ai vite compris que cette nuit ne fut pour moi, qu'un semblant imaginaire de mélange " rêve et réalité " . Et à vrai dire, la vrai réalité pour moi n'est pas un
rêve ce matin !
Alors biensûr moi qui ait 198 chaussures, 30 sacs à main, et tous les " recourbes cil " du marché, je vais bien trouver quelquechose à faire pour palier à cette catastrophe. J'en suis, en tous
les cas, bien décidée. Et à vrai dire, je pense ne pas trop avoir le choix...
Alors commençons pas le commencement et essayons d'abord de comprendre ensemble pourquoi ma nuit ne fut-elle pas extraordinaire... Si toutefois, ça vous intéresse.
Et au fait ? Fauve... a-t-elle dormi elle ?
Après avoir longuement pleuré sans pouvoir retrouver son calme, Fauve s'en est allée rejoindre morphée où malheureusement, bien que très fatiguée et même éprouvée, elle n'a pu s'y abandonner. Et
c'est dans son 7ème, auprès de celui qui regarde sa télévision qu'elle s'est acomodée de ce mal-être et sans avoir pu lui dire un mot pour qu'il la soulage, elle retrouve aujourd'hui sa vie,
celle qu'elle aurait aimé quitter hier, ne serait-ce qu'un instant ! L'instant de quoi d'ailleurs ?
Le temps de respirer, celui de souffler, celui de croire quelques secondes que le bonheur existe... L'instanté douce d'un moment de sérénité.
C'est pour cela d'ailleurs que son amant, celui qui est allergique aux chats ( mais pas à sa chatte apparemment ? ... !!! ) lui est cher. Il sait quand elle souffre, il sait aussi quand elle va
bien. Mais surtout il sait être présent et l'écouter... et souvent sans rien dire. C'est pour cela que Fauve l'aime. Même si son amour pour lui n'est que le reflet de celui qu'elle aimerait avoir
pour son mari, elle l'aime.
Est-ce cela un amant ?
Au fait, vous ne connaissez toujours pas cet inconnu ! Celui avec qui je conversais l'autre soir... Vous savez, le virtuel....
Alors voilà. Il m'arrive, mais c'est rare ( enfin presque tous le soirs depuis quelques temps ) de pianotter sur mon ordinateur, le truc qui sert à parler sans parler, à écrire sans signer, à
regarder sans être vu, et surtout à dire ce qu'on ne dit jamais... et là, c'est plutôt pratique...
Alors ce soir là, sans l'avoir volontairement provoqué, je me suis retrouvée avec lui. Une voix douce, un peu celle du style " ma pauvre chérie " , et la présence discrète d'un sexe opposé. Et là
sans avoir pu y renoncer, je me suis laissée aller à cette douce aventure, à cette présence réconfortante, et à cette écoute inespérée. Mais qui est-il pour m'apporter cela ? Qui est cet homme
que j'écoute en silence ?
......." Un soir passé, nous avons vécu le début d'une histoire, elle était comme une promesse que la vie ne peut pas toujours tenir ; et moi je tiens toujours mes promesses.... "
Je me retrouve là, à vouloir l'entendre avant de l'écouter par ce clavier métallisé d'absence de sentiment, informel et fidèle à la fois, le reflet d'une réalité que l'on ne soupçonne qu'à moitié
de peur qu'un jour, elle ne nous éclate à la " gueule ". Je veux l'entendre sans l'écouter, qu'il me parle sans que je ne sois obligée de lui répondre, et surtout qu'il me parle comme je
veux l'entendre.
Mais entendre quoi ?... et pourquoi ?
Alors c'est là que la vie fait son entrée, fracassante de réalités, sans que l'on puisse l'arrêter, juste à en être l'acteur involontaire. Et c'est pour cela, qu'un soir de lassitude, Fauve lui a
ouvert son coeur.
Fauve ne s'y retrouve pas toujours. Mais elle sait que son amant, celui qui lui parle sans qu'elle ne réponde, celui qui l'écoute sans qu'elle parle, et surtout ce qu'elle entend sans qu'il le
dise, sont son bonheur à elle, aussi futile soit-il...
Quant à moi, sans vraiment le savoir, ou sans vraiment vouloir le savoir, je réponds à ses questions, j'écoute ses paroles et je devine ses absences.
Et le réveil de ce matin manquait de sa présence. Qu'aurais-je donné hier pour entendre sa voix... Et mon miroir de me répondre ce matin, " tu aurais dû ".

" En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même ".
Marcel Proust
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